Sanga /Suga /Nsôk

SANGA /SUGA /NSÔK

Sanga

C’est un plat très apprécié dans le sud et le centre Cameroun, il s’agit d’un plat de légume qui se consomme en entrée ou en plat, selon les gouts. Le sangâ est le plat par excellence que les bassas consomment. Sa préparation est un peu délicate car il faut prendre en compte plusieurs paramètres : La préparation du jus de noix en est le principal point clé. Ce jus doit être extrait tandis que la pulpe de noix préalablement séparée des noyaux est encore chaude, car dés lors qu’elle s’est refroidie il devient très difficile d’en extraire le jus. Et même si ce miracle est accompli le résultat est approximatif. Plus le mais sélectionné est frais plus le plaisir de vos convives sera assuré.

Ingrédients :

  • 1 kg de feuilles de bâam, zom ou bitôsô (morelle noire ou amère) ou feuilles d’aubergines
  • 500 g de noix de palme
  • 2 kg de mais frais en épis
  • Un morceau de Hiomi
  • Eau
  • Sucre (Optionel)
  • Piment.

 

Préparation

Détachez les feuilles de bâam de leurs tiges. Découpez-les finement, puis lavez-les abondamment. Après le lavage, mettez les dans une casserole couvrez et faites revenir à feu doux jusqu’à ce que l’eau contenue dans les feuilles tarisse.

Pendant que votre casserole est au feu, lavez proprement le maïs et égrenez le à l’aide d’un couteau bien affûté de sorte qu’elles se retrouvent divisées en plusieurs parties. Versez ensuite les grains de maïs dans la casserole contenant le bâa, rajoutez-y un peu d’eau et porter à ébullition à feu vif pendant 30 minutes jusqu’à ce que l’eau tarisse.

Faites bouillir les noix au bout de 20 mn environ, tout dépend du mode de combustion utilisé.  Ôtez-les du feu et égouttez grâce à une passoire. Puis les piler grâce à un mortier et à un pilon en bois. S’assurer que la pulpe soit bien été séparée du noyau de la noix.

Ajoutez le jus ainsi obtenu à la préparation et remuer énergiquement la composition à l’aide d’une spatule afin d’obtenir un mélange homogène. Si vous le souhaitez mettre du piment intégrez-le à ce moment.

Laissez cuire 20 à 30 minutes en remuant tout le temps pour éviter que le mélange n’adhère à la casserole. Vérifiez que la cuisson soit à votre convenance. Ajoutez l écorce de hiomî dans la préparation. Laissez cuire encore quelques minutes en prenant soin de bien mélanger. Lorsque le mélange devient épais, retirez la casserole du feu, rajoutez y du sucre à votre convenance et servir.

Ce plat se mange tout seul mais vous pouvez l’accompagner de pain  par exemple.

Bon Appétit!!!

Bon à savoir :

Le mais est l’un des aliments les plus consommés au Cameroun. Il est préparé sous toutes ses formes : frais, en céréale, en farine. Sur toute l’étendue du territoire, les populations bassa’a ne dérogent pas à cette règle. C’est l’une des stars des soirées autour du feu ! Grillé accompagné de fruit de Safoutier communément appelé prunes. On adore aussi retrouvé dans notre assiette le rare épi lancé nonchalamment par la cuisinière dans la marmite de sangâ ou de Kwem.

Les noix sont pillées grâce au mortier et au pilon élément quasi indispensable dans la cuisine d’une femme Camerounaise. Le chôbo comme nous le nommons en bassa’a est un des ustensiles de cuisine les plus utilisés dans nos cuisines traditionnelles. Il est conseillé aussi de se munir d un couteau bien affûté pour découper le bââm. L’ajout du sucre reste soumis aux goûts de chacun.

Le homî est un condiment phare de la cuisine traditionnelle Bassa’a. Cette écorce à l arome remarquable est utilisée pour parfumer certains plats. Sa particularité est qu’elle peut être utilisée plusieurs fois dans différents types de mets sans toutefois perdre son arome propre.

 

Petit interlude

Le découpage de bââm relève d’un savoir faire particulier dans nos contrées, tout comme celui de l’ikok. Les femmes utilisent en général ces machettes là qui arrivées en fin de leurs carrières initiales se voient attribuer la nouvelle fonction de hacheur de légumes à cause de l’efficacité que leur confère leurs limes affûtées. L’obtention de légumes finement hachés est assurée grâce au tranchant propre à ces machettes, leur finesse et leur légèreté offre une maniabilité à son utilisateur qui gagne ainsi en efficacité et en temps.

La pulpe de noix déshydratée n’est pas à jeter au likung (décharge) loin de là !!! Elle nous sera encore bien utile dés lors que nous aurons découvert en quoi : En général cette pulpe est séparée des noyaux (palmistes) puis mise à sécher. Une fois sèche, elle est conservée dans le sangat (claie) et nous sert à allumer le foyer. Ainsi sert à la place du pétrole ou autre combustible utilisé dans notre société moderne, les femmes de nos sociétés traditionnelles qui utilisent quasiment toutes le feu de bois se servent des bikagang (pulpe déshydratée et séchée) pour allumer leur feu.

Les noyaux ne sont pas en reste. Certains feront le plaisir des plus petits qui s’amusent à casser la coque à l’aide d’une pierre pour en extraire la noix qu’ils dégusteront avec délectation. Mais si cette utilisation est l’apanage des plus jeunes, les adultes aussi y ont trouvés quelque intérêt. En effet ces noix sont débarrassées de leur coque. Puis séchés et ensuite pressés afin d’en extraire la très célèbre huile de palmiste ( Lân), huile réputée pour ses vertus adoucissantes et cicatrisantes.

 

Sanga 2

6 votes. Moyenne 4.67 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.